Le droit de vivre !

Feminicide

À l’occasion de la journée du droit de la femme, il nous a semblé essentiel de parler du droit primordial qu’ont les femmes : celui de vivre !

Le féminicide – un fléau mondial et persistant

Les chiffres sont affolants ! C’est un fléau qui touche le monde entier et toutes les classes sociales.

Depuis longtemps utilisé en Amérique latine et repris par des organismes internationaux, comme l’Organisation des Nations unies (ONU) ou l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le féminicide fait de nombreuses victimes

Selon les chiffres de l’ONU, sur 87 000 femmes tuées en 2019, 58% sont mortes par féminicide, ce qui équivaut à 50 460 décès. 
A l’échelle mondiale, on constate que l’Asie arrive en tête avec 20 000 femmes assassinées en 2017, puis l’Afrique (19 000), le continent américain (8 000), l’Europe (3 000), et l’Océanie (300).

Oeuvre artistique à Mexico représentant les femmes victimes de féminicide

Où en est la France et sa législation ?

Il ne vous ai pas passé inaperçu, le fait que depuis l’année dernière, l’univers journalistique a été chamboulée par des affaires de féminicides.

Ce n’est qu’en 2015 que le terme féminicide a été défini en France dans le dictionnaire Le Petit Robert comme étant “le meurtre de femmes ou de jeunes filles lié au fait qu’elles sont des femmes”. En 2019, 150 cas* de féminicide auraient été recensés, un chiffre en constante augmentation. 

Aux vues des nombreux cas relayés par les médias, et l’émoi suscité parmi la population, nous sommes en droit de nous interroger sur les mesures prises par le gouvernement français. La reconnaissance du féminicide comme étant un crime est très compliqué et est un long combat.
L’Amérique latine est pionnière dans ce domaine car c’est là que le féminicide a été reconnu pour la première fois, en 1994.

En Europe, c’est l’Espagne qui se présente comme précurseur de la lutte contre les violences faites aux femmes, après le féminicide d’Ana Orantes, en 1997. L’Italie a également reconnu les violences faites envers les femmes depuis 2013.

Sur ce sujet, la France est encore très en retard, c’est pourquoi ONU Femmes demande à ce que le féminicide soit inscrit dans le Code pénal français ; « Si la société prend conscience de l’ampleur de ce phénomène, force est de constater que les victimes ont été insuffisamment protégées par un arsenal juridique jugé inefficace ». 

sibeth féminicide
La porte-parole du gouvernement français Sibeth Ndiaye s’exprime après avoir assisté à une réunion hebdomadaire du cabinet à l’Elysée à Paris, le 4 mars 2020. / AFP / POOL / CHARLES PLATIAU

Cependant, des changements progressifs apparaissent en France et plusieurs mesures devraient être prises au cours de l’année 2020 grâce à 5 millions d’euros débloqués :

  • Des bracelets d’éloignement : le port d’un bracelet électronique pour les personnes condamnées pour violence conjugale, et également en cas d’ordonnance de protection
  • Des places d’hébergement : 1000 nouvelles places d’hébergement et de logement sont annoncées par le gouvernement à partir de janvier 2020
  • Suspension de l’autorité parentale : le Premier ministre a annoncé que désormais, lorsqu’une plainte sera déposée, la justice pourra suspendre ou aménager l’exercice de l’autorité parentale du conjoint violent
  • La mise en place de formations dans les commissariats et les gendarmeries pour mieux prendre en charge les femmes qui portent plainte

Minga, tu as le droit de partir !

Nous espérons qu’aucune de nos Minga ne vit cette terrible situation, mais si cela était le cas, s’il vous plait, pour vous, pour votre famille, pour vos amis, ne restez pas. Il existe dorénavant de nombreuses associations pour vous venir en aide ou appelez le 3919 : numéro d’urgence pour les violences faites aux femmes.

* Il n’y a pas de statistiques officielles en France. Les chiffres proviennent d’association de lutte contre le féminicide.

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