Le COVID-19 et moi – Florence, femme active

Le COVID-19 et moi... Histoire de Florence
‘Travel Love ❤️’
Je croque la vie !! Je savoure les moments entre familles et amis 😍

Cette histoire est réelle, c’est celle de Florence. Atteinte du COVID-19, elle a fait le choix de poser ses mots pour exprimer son vécu. Elle accepte de le partager avec nous à travers son histoire ci-dessous.

Covid-19, des signes pas si faciles à détecter

Tout a commencé dimanche 22 mars ; un début d’infection urinaire qui s’intensifie dans la journée mais c’est une pathologie que je connais très bien et que je gère avec un antibiotique miracle.

Dans la nuit du dimanche au lundi 23 mars, je suis réveillée par une forte douleur dans l’aine. Que m’arrive-t-il ? J’ai l’impression qu’on m’arrache cet organe. C’est la pleine nuit, je ne sais plus comment me mettre, je ne trouve aucune position qui pourrait être confortable. J’ai très mal donc je ne dors pas. Je finis par me rendormir au petit matin.

Lundi matin, le 23,  je ne me réveille pas en forme du tout, je prends ma température, je n’ai pourtant que 38 mais je suis fatiguée. Cette petite fièvre va alors persister tout au long de la journée me mettant ainsi complètement par terre.

A cela s’est ajoutée dans la journée une douleur violente dans l’omoplate droite, une douleur similaire à celle que j’avais eue et que j’avais toujours d’ailleurs. Ce sont des douleurs musculaires pas des courbatures comme ceux que la fièvre peut donner.

Je me dis que c’est la première fois qu’une infection urinaire me donne de la fièvre et me met dans cet état de léthargie. A 20 h, épuisée je me couche et m’endors dans la minute. Réveil le lendemain à 10 h !!! Une nuit de 14 h sans interruption, ça ne me ressemble vraiment pas.

Le COVID-19 est partout donc j’y pense bien sûr mais je me dis qu’il n’y a pas que le COVID-19 on peut aussi être patraque pour d’autres raisons.

La prise de conscience

Le COVID-19

Mardi 24 ressemble au lundi 23, toujours cette petite fièvre qui est montée à 38.2 dans la journée mais cette fois je prends un doliprane car ce sont les 3 ans de mon petit fils Ewenn et je veux être en forme pour me connecter sur Skype pour lui souhaiter. Personne ne doit voir que je suis un zombie.

Même scénario, couchée très tôt avec ma petite fièvre, dans la nuit il a fait TRES chaud dans mon lit. Je me suis réveillée bouillante sans aucune force pour me lever et vérifier ma température, tellement épuisée je me suis rendormie jusqu’à 10 h le lendemain matin. Je soupçonne de plus en plus le COVID de me jouer un mauvais tour.

Mercredi 25 fût révélateur. Ma tartine de pain du petit déjeuner n’avait aucune saveur !! J’ai perdu le goût (j’ai même testé le roquefort mais rien) le Covid-19 est en moi ça se confirme.

J’ai toujours ma fièvre qui a réussi à monter à 38.5 mais qui me donne l’impression d’avoir 40. Je passe du canapé au lit, du lit au canapé, je suis EPUISEE, je suis une loque. Je n’ai aucun appétit et manger sans avoir de goût n’aide pas. Patrick cuisine, je me dis qu’il faut que je mange pour avoir des forces, lutter contre le virus car à ce moment j’ai encore la force de me dire que j’allais lui botter le cul à ce virus.

Je ne vais pas décrire les jours car ils se sont beaucoup ressemblés. Epuisée avec chaque jour un symptôme différent : mal à l’oreille, diarrhée, la gorge qui gratte, quelques petits maux de tête mais plutôt modérés moi qui de nature suis migraineuse.

Le pire est l’essoufflement. Je traverse l’appartement, j’ai l’impression d’avoir fait les 20 km de Paris en mode winner.

La vie avec le Covid-19

Jeudi 26 (3 jours après les premiers symptômes, le lendemain du jour où j’ai compris) je me connecte donc sur le site COVID-19 que la ville avait mis en place pour une consultation. Impossible d’avoir un créneau. Je prends rendez-vous avec mon médecin traitant en Visio-consultation sur doctolib.

Evidemment, confirmation de ce que je savais. Elle me fait une ordonnance pour le test (par rapport aux personnes âgées avec lesquelles je travaille. J’étais dans la résidence la semaine précédente, j’étais très inquiète de les avoir contaminé bien que je les ai vus de très loin).

Le parcours du combattant commence pour faire le test. Le laboratoire de Garches refuse l’entrée aux personnes atteintes de COVID-19, idem pour celui de Saint Cloud.

Je me rends donc aux urgences de Saint Cloud, là on m’enregistre (car sur mon ordonnance il y a écrit « personnel soignant »), j’attends 3 h pendant lesquelles je vois passer quelques personnes sur des brancards et bien plus angoissant, un jeune homme qui arrive, se jette par terre en disant « je ne peux plus respirer ». Il n’avait pas l’air bien et je le regardais en me disant que ce sera peut-être moi dans quelques jours. J’avais bien compris que je n’étais pas encore dans la période critique, je n’étais qu’au 4ème jour. Un médecin m’a afin auscultée, tension, stéthoscope, fièvre et me dit « je n’ai pas de raisons de vous garder « et moi de lui répondre « ça tombe bien je n’en n’avais pas l’intention ». Il me donne toutes les recommandations utiles et surtout appeler le 15 dès que je respire mal.

Il me donne toutes les recommandations utiles et surtout appeler le 15 dès que je respire mal. Je le remercie de toutes ses paroles qui commencent à me faire flipper. L’infirmière me fait le test. Un petit coup de goupillon dans chaque narine, pas très agréable, plutôt même douloureux.

Mes proches, mes peurs, comment faire ?

Je ne vais rien dire à mes enfants, ni à ma maman. Nous sommes trop loin en cette période de psychose pour vouloir les inquiéter. Je prends ainsi conscience que je suis comme tous ces gens dont on parle à la télé, qui partent à l’hôpital voire en réa et voire plus pour certains. On parle tellement peu de cas modérés donc pas facile de penser que pour moi tout va bien se passer. Je pleure, j’ai peur, je pense à tous les gens que j’aime et je pleure. J’ai des angoisses terribles. Je ne supporte plus d’entendre le mot COVID-19 à la télé, je ne regarde plus le journal télévisé, je suis obligée de quitter la pièce, c’est au-dessus de mes forces ; ça me met dans un état de stress qui m’empêcherait presque de respirer.

Le médecin des urgences m’appelle donc le lendemain pour me confirmer que mon test est positif. Je le savais mais de l’entendre m’a fait un choc.

Les jours passent, tous identiques. Je vis avec ma fatigue extrême, une fatigue que je n’ai jamais connue, je gère ma fièvre et mes états d’âme.

Mon entourage, ma force

Le 7ème jour je décide d’informer mes enfants que j’ai choppé cette merde ; Par contre je ne dis rien à ma maman, je m’efforce de continuer à l’appeler comme je le fais chaque jour mais décrocher le téléphone est encore une épreuve, il faut que je parle et je n’ai même pas la force de parler. Très souvent j’ai abrégé les conversations, ma pauvre maman ! En cette période de confinement où elle aurait besoin de papoter plus que d’ordinaire.

Mes amis, ma famille je leur ai demandé de ne pas m’appeler, juste des messages. Je suis submergée de petits mots chaque matin, chaque heure d’ailleurs, mais dans ma grande solitude ça me faisait du bien de savoir que tout le monde pensait à moi.

Plus les jours passent plus je suis fatiguée, plus j’ai peur. Je n’ai plus raison de moi-même, je ne maîtrise plus rien, c’est LUI qui dirige. Mes affaires sont prêtes, mes vêtements, mes baskets, mes papiers…

Je veux juste aller mieux

Lundi 30 j’ai un nouveau rendez-vous prévu avec le médecin en Visio-consultation bien-sûr, j’en ai besoin, besoin de parler à quelqu’un du corps médical. Je suis devant mon ordinateur en attente de la Visio-consultation, je tremble, j’appréhende, j’appréhende quoi d’ailleurs ? Il y a la fièvre qui me fait trembler mais c’est surtout l’angoisse. Je suis beaucoup essoufflée, je ne respire pas comme d’habitude mais je fais les tests qui m’ont été indiqués et je n’ai aucune raison d’appeler le 15 pour l’instant. Je suis encore dans la norme si on peut dire ça comme ça.

J’attends ma consultation 30 minutes, je fixe l’écran et j’ai hâte !!! Et là on me dit que la consultation est reportée au lendemain 13h30. Alors là l’angoisse monte, j’en avais tellement besoin. Je me sens seule, abandonnée avec mon virus. Je me dis que finalement c’est le 15 ou rien.

En fait comme j’arrive au pic de la maladie, dixit les infos anxiogènes, je ne sais pas si mes difficultés à respirer normalement sont dues au fait que je suis peut-être en difficulté respiratoire ou si c’est l’angoisse qui me bloque ma respiration. C’est la panique, le mot panique n’est pas assez fort. J’ai peur de ne pas savoir reconnaître ce moment. Normal je ne le connais pas ce moment je ne l’ai jamais vécu. J’ai plein de questions à poser au médecin.

Les médecins, les voix rassurantes

Le lendemain, mardi 31 je suis très en avance devant mon ordinateur, j’attends ma consultation. Chouette elle est là !!! Après un bilan médical, comme ça peut se faire en virtuel, elle me met en garde sur ma respiration à surveiller car j’arrive dans la période la plus critique de ma maladie. Ça commence mal pour me rassurer mais c’est normal, elle me redit de ne pas hésiter à appeler le 15. Elle me demande si j’arrive à finir mes phrases au téléphone (c’est un test). Je ne sais pas car je n’appelle personne tellement je suis fatiguée (sauf maman que j’expédie vite fait sous toutes sortes de prétextes).

J’explique donc au médecin que je ne vais pas bien, que je pleure facilement, que j’ai peur. Elle me comprend, me dit que tout est normal. Je lui demande de me prescrire un anxiolytique en m’assurant que c’est compatible avec ce virus. Elle me le prescrit et me dit qu’il ne faut pas que j’hésite à le prendre 3 fois par jour. Rendez-vous le mardi suivant (donc J15).

Me revoilà seule avec mon virus en attendant le sort qu’il va décider pour moi. Nous sommes le 8 ème jour. J’ai peur, je teste ma respiration, je ne fais que me reposer. Les jours critiquent sont tout près de moi. Il faudrait que j’arrive à faire un saut dans le temps. Chaque matin quand je me réveille, je me dis OUF encore un jour de passé et je suis toujours là. C’est une torture morale. Maintes fois je me suis dit que je ne reverrais plus mes enfants, mes petits-enfants, ma maman et tous les gens que j’aime ; des idées noires, j’en ai eues des tonnes, des larmes, j’en ai versées des litres.

Les symptômes s’estompent

Les jours ont passé, je me suis réveillée chaque matin, toujours avec ma fatigue, ma petite fièvre, j’étais toujours là !!!!  

J’ai passé les jours critiques, j’ai très peu pris finalement les anxiolytiques mais ça me rassurait de les avoir. Comme quoi !!!

La fièvre s’est arrêtée le 2 avril soit 11 jours après. C’était un premier pas vers la guérison, la fatigue était toujours là comme si c’était un état qui faisait partie de moi maintenant. J’ai recommencé lentement à sentir le goût des choses et ça aussi c’était une bonne nouvelle !!!

Au 14ème jour j’ai décidé d’avouer à maman que j’avais été infectée de cette saleté de virus.

Les jours passent, je commence à voir le bout du tunnel qui m’a paru bien long, bien noir. Je réalise que j’ai eu beaucoup de chance de ne pas avoir dû subir l’étape « hôpital ».

Jour 29, je prends rendez-vous avec mon ORL pour une « vraie » visite cette fois. Alors là c’est comme si on me faisait un énorme cadeau. Quelqu’un allait vraiment m’ausculter, me parler, me voir, j’allais enfin sentir un stéthoscope sur mon corps…

Ma vie après le COVID-19

Aujourd’hui cela fait plus d’un mois, je tousse encore mais il parait que ça peut durer encore quelques semaines. Quant aux retrouvailles avec tous les goûts ça peut aussi prendre du temps mais du temps j’en ai, je suis vivante !!!

Je ne sors pas indemne de cet épisode, je suis comme déprimée, je pleure, je ne suis plus la Florence d’avant. J’ai ressenti le besoin d’écrire, de raconter mon expérience mais ma véritable souffrance n’est pas perceptible, encore moins descriptible. C’est vraiment une histoire entre le COVID-19 et moi.

Le temps va passer, on va sortir de cette période anxiogène, je vais enfin revoir mes enfants, mes petits-enfants, tous les gens que j’aime et je vais redevenir la vraie Florence d’avant.

Restons chez nous

Le COVID-19 existe bel et bien. C’est un combat qui nous concerne tous. Alors, ensemble, protégeons nous les uns et les autres et restons chez nous autant que possible.

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